La micro m’a tuer

Je sais vous allez me dire que je publie de moins en moins sur mon blog. Est-là un signe que le Derouet serait en train de préparer des choses nouvelles… Y’en a aussi ;-) Mais c’est pas pas le sujet. Moi ce qui me gonfle c’est l’absence d’analyse d’un journaliste du Monde qui a oublié mon propos au point de me faire dire « La presse, ça vit, ça meurt. L’informatique correspond à une période dépassée ». Bien entendu j’ai bien prononcé cette phrase mais j’ai quand même tenté de tordre le cou à certaines idées reçues selon laquelle « la micro c’est mort ».
L’informatique s’est réinventée
L’informatique oui c’est une période dépassée pour qui a passé plus de 25 ans de son existence à aider ses condisciples à y passer et à ne plus s’en passer. Mais ce n’est pas mort, loin s’en faut. Les lignes de codes de nos informaticiens sont le capital de très nombreuses entreprises (pas assez à mon gout) et les « ordis » un outil fantastique pour travailler, créer et relier les hommes. Réduire à la futilité la « micro » et en faire un objet de plaisir m’indispose au plus haut point. De quel plaisir parle-t-on ? Je n’ai aucun plaisir car l’informatique est un « objet » qui n’a de valeur que reliée. Et pour moi l’enjeu d’un support média dédié au « plaisir » ce n’est rien comprendre de l’enjeu lecteur. Car il est bien là l’enjeu, le lecteur, un client qui normalement paye car il trouve une satisfaction dans l’utilité fournie. Je ne vais pas ici vous faire un cours d’économie mais le « plaisir » n’est pas une utilité c’est une « futilité » que des tas d’autres actions y compris manuelles peuvent satisfaire. Donc oui faire de cette presse du plaisir c’est de la « branlette ». Il n’y a aucun plaisir dans l’utilisation des outils informatiques, il y a de l’accomplissement. Et cette informatique est aujourd’hui partout qu’il s’agisse d’un Smartphone, de certains téléviseurs, d’un nombre croissant d’objets connectés en revenant à la pièce maitresse, le PC motorisé sous Mac OS comme sous Windows, Linux, Chrome OS…
La presse passion c’est que du plaisir…
Donc c’est l’accomplissement qui a toujours été le moteur de cette presse micro. L’accomplissement est une donnée essentielle pour comprendre que c’est de presse passion dont il question et non de presse futile s’adressant à 18 millions de lecteurs potentiels pour qui le plaisir ce n’est pas la « micro ». Vous me direz y’a jamais de mal à se faire plaisir… Mais enfants je leur ai montré cette presse plaisir… Mon fils de 15 ans n’a rien compris. « C’est pour qui leur truc ? ». Pas besoin d’être adulte pour se rendre compte que s’adresser à tout le monde s’est ne s’adresser à personne. Mais bon pourquoi vais-je dépenser plusieurs euros pour savoir comment Cahuzac s’est fait gauler, pour écouter Xavier Niel vanter les mérites de son offre (y’a pas de la pub normalement pour ça ?) ou pour croire que la satisfaction d’un lecteur sera là quand il aura trouvé la vidéo de la quinzaine…
… mais la presse passion ce n’est pas que du papier
Le soucis de la presse micro c’est que les news circulent en temps réel sur votre Smartphone, que les forums apportent les réponses à la très grande majorité des petits soucis techniques du quotidien, que les logiciels usines à gaz sont aujourd’hui remplacés par des « apps », un mélange malin avec du logiciel et des services connectés à Internet et que fondamentalement quand vous vous achetez une machine il y a rarement de mauvaises surprises tant ce sont les usages qui définissent vos besoins… Et ici aussi les avis des consommateurs apportent des contributions dans la durée que seul Internet arrive à alimenter y compris sur les sites des commerçants.
La formation c’est aussi de l’information
Bref cette presse papier est passée sur Internet. Pour le reste ce n’est pas de l’information constituée d’enquêtes dont les lecteurs payants ont besoin mais d’une réelle formation en continue. D’ailleurs le cœur de ces offres de lecture a toujours été constitué de pages pratiques thématisées et illustrées en abondance avec des captures et autres guides visuels pour être pris par la main. Et de fournir surtout des idées, des idées et des idées. Donc non il ne s’agit pas de connaissance et encore moins de curiosité dont les lecteurs qui payent sont férus. Mais d’informations utilitaires. Sauf qu’entre mon fils et ma belle-mère plusieurs générations sont passées. Et que la presse papier est de moins en moins adaptée à la formation. Et moi je suis fier d’avoir contribué à avoir plus formé qu’informé. Je sais c’est ringard, sale, dépassé…
Allo, mais allo, le Derouet il a pété sa goupille
Mes propos sont indignes d’un grand journaliste d’investigation et encore plus d’un patron de presse. Il se prend pour qui le Derouet, pour un maitre d’école ? Il donne des leçons et en plus il a échoué dans sa mission de renouer avec la croissance ce con ! Peut-être ? Mais avec le temps ce que l’on acquiert c’est de la sagesse et des convictions. Et mes convictions vont vers cet enseignement de la « micro » réinventée où il y a encore tout à faire. Et cela passe par de la formation. Ma fille de 12 ans est rentrée il y a de cela plusieurs jours énervée et révoltée contre ses cours de technologies. Comment la première de sa classe qui dispose d’un Smartphone, d’une tablette et d’un PC peut-elle être mal jugée dans sa manipulation demandée à savoir sauvegarder un tableau de calcul ? Pour elle, la faute c’est cette maudite machine sous XP trop lente pour réagir comme ses appareils du quotidien. C’est-à-dire vite, très vite. Il est là le fossé aujourd’hui… Chez ma femme, c’est pas mieux, elle qui doit travailler tous les jours sur une machine anémique, également sous XP… C’est sans parler de cette saleté d’écran qui arrive à peine à afficher avec ses 15 pouces l’essentiel de sa collecte d’informations… Et je vous invite tous à écouter votre entourage. Nous sommes à l’ère du BYOD, c’est-à-dire l’ère du « démerde-toi avec ta quincaillerie »… L’absence d’investissements, l’absence de formations adaptées à tous les étages de notre société, l’absence d’informations sur ce que peut encore apporter l’informatique dans le quotidien de tous les français est encore un sujet. Et on est loin du plaisir prôné et de cette suffisance à décréter que la « high-tech » c’est du plaisir… Oui l’informatique est dépassée dans notre approche « à la papa » c’est-à-dire avec du gris, des titres creux, des promesses mal ciblées et du papier, ce papier beaucoup trop cher. La solution ? Se réinventer. Mais ce n’est pas aujourd’hui que je vous dirais comment. Je vous l’ai dit ce n’est pas le sujet de ce billet. Vu qu’à ce qu’il parait « la micro m’a tuer » ! *
* Initialement le journaliste du Monde me demandait si je n’avais pas été victime de la mort de la presse micro. J’ai la tronche d’une victime ? Sérieusement ?
E-réputation française : aidons Najat Vallaud-Belkacem à passer au modèle «élite 2.0»
Clôturée par l’intervention de Madame la Ministre et porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem, la très éclairante conférence ReputationWAR brillamment orchestrée par Christophe Ginisty, a remis en lumière l’effarante « élite 1.0 » de notre pays. Rendons d’ailleurs à Jean Michel Billaut la paternité de cette étiquette qui colle tellement bien à la peau de nos politiques.
Saluons sa présence
Venue sans doute chercher du sens et du soutien, Najat, a, en tant que femme engagée, des convictions. Et nous ne pouvons que la saluer dès qu’elle vient combattre avec force toutes les formes de discriminations comme l’homophobie.
Mais étudions l’essentiel
Je ne vais pas ici donner ma position sur ce sujet car elle n’a pas la place sur ce blog que je destine avant tout à mes coups de gueule et coups de cœurs technologiques. Mais comment un aussi brillant esprit que celui de Najat peut oser venir justifier qu’elle a contacté Colin Crowell, le vice-président de Twitter chargé des politiques publiques, pour négocier le premier amendement de la constitution américaine ?
C’est quoi déjà ce premier amendement ?
Voici la traduction* donnée par Wikipédia de ce premier
amendement : « Le Congrès ne fera aucune loi pour conférer un statut institutionnel à une religion, (aucune loi) qui interdise le libre exercice d’une religion, (aucune loi) qui restreigne la liberté d’expression, ni la liberté de la presse, ni le droit des citoyens de se réunir pacifiquement et d’adresser à l’État des pétitions pour obtenir réparation de torts subis (sans risque de punition ou de représailles) ».
Collin Crowell, formateur es politique
Je ne sais pas ce que se sont racontés Colin Crowell et Najat Vallaud-Belkacem mais je ne pense pas le moindre instant que Tweeter puisse répondre aux demandes de notre ministre. Le paradoxe veut que Colin Crowell a été embauché au sein de Tweeter afin d’éduquer les politiques américains sur l’usage de la plateforme de son entreprise. Peut-être lui a-t-il indiqué que Tweeter n’était pas un « média » comme un autre mais un « média social ». Et qu’à ce titre ce qui est mis en avant sur Tweeter n’est pas éditorialisé. Personnellement je n’avais pas envie de l’interpeller sur ce qu’un enfant de 10 ans est capable de comprendre. Oui ce sont des humains qui écrivent, non ce ne sont pas des humains qui définissent ce qui est éligible en « Une » de Tweeter car Tweeter n’a pas de journalistes mais un algorithme de curation où la pertinence est la « puissance ». Donc quand des tweetos (qui ne sont pas des petits bonbons en petits rouleaux) postent, hachtags à l’appui, des propos haineux, diffamants ou dégradants, c’est fort logiquement que la « tendance du moment » basée sur un ou plusieurs mots clés remonte à la surface. Remontée d’autant plus spectaculaire que les tweetos scandalisés par de tels propos viennent à leur tour dénoncer l’insoutenable et donner encore plus de poids à cette « discussion sociale ». Bref Tweeter a beau être motorisé par de la « technique » mais il n’en est pas moins auto régulé par des humains.
Tweeter peut améliorer son outil mais pas en changer son usage
Donc Najat, si je puis me permettre d’emprunter ce très élégant prénom, cessez de nous faire croire à nous pauvres spécialistes des réseaux sociaux et de la communication que vous allez trouver un terrain d’entente avec Tweeter. Vous dites avoir eu un certain nombre d’engagements sur Tweeter. Ce que vous leur avez demandé remettrait en cause tout l’intérêt de cette plateforme de micro blogging communautaire. Et de surcroît remettrait juste en cause le premier amendement de la constitution américaine. Une paille donc !
Le problème c’est la politique pas la technique
Votre intervention était toutefois la bienvenue. Personnellement je crois que vous êtes plus « intelligente » quand vous n’êtes pas dans votre rôle « politique ». Bref en tant que porte-parole du gouvernement vous portez la parole de ceux qui vous ont confié ce rôle bien ingrat. Mais dans ce rôle vous n’incarnez pas l’esprit dont la France a besoin. Vous avez raison de condamner l’homophobie ambiante et là même si je sors du cadre de ce blog en applaudissant vos propos quand vous rappelez que l’homoparentalité est une réalité. Mais vous ne pouvez pas vous ériger en censeur d’un outil mondialisé même au nom du gouvernement. J’espère bien que le premier tweetos qui sera pris la main dans l’IP à proférer des appels à la haine sera rappelé à l’ordre par notre justice. Et répondra de ses propos. Mais ce n’est pas en indiquant vouloir expliquer à Tweeter comment censurer au nom du gouvernement de notre pays que vous nous aidez.
"Et si l’on soignait l’e-réputation de la France Madame ?"
Car quand vous êtes arrivée, madame la ministre, nous débattions sur le sujet des « pigeons » et de la piètre ouverture d’esprit qu’avait fait preuve notre gouvernement pour dialoguer sur le tard avec le mouvement des créateurs d’entreprises de croissance. Mouvement inédit en France et dont l’ancien porte-parole Jean-David Chamboredon et dirigeant du fond d’entrepreneur ISAI nous a indiqué ne plus vouloir être pris dans le détournement médiatique dont il a la été victime. Et le fond de son intervention nous a rappelé justement qu’en France ce premier amendement de la constitution américaine et cette obligation de respecter toute prise de parole, cette prise en considération des pétitions (illustré par le cas du site http://www.change.org***) était actuellement incompatible avec nos élites 1.0 qui en sont encore à parler de censure en 2013. Non, Najat la censure n’a pas sa place sur Internet. Et je suis heureux de l’avoir entendu de votre bouche quand vous nous dites vouloir utiliser les règles d’Internet. Non Internet n’est pas une zone de non droit mais un espace mondialisé relié en direct avec notre petite planète et ses sept milliards d’individus. Et nous pauvres français qui sommes-nous donc pour vouloir en définir les règles ? Aidez nous juste à donner de notre pays une autre image. Et aider nos créateurs d’entreprises à redevenir audacieux et rêver de la richesse qui pour moi est la plus belle : faire vivre, prospérer et travailler davantage de femmes et d’hommes dans notre beau pays. Et faire de notre pays un endroit au sein duquel la censure d’un autre temps est bannie et l’envie d’y prospérer forte ! Mais là on n’en prend pas le chemin !
* « Congress shall make no law respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof; or abridging the freedom of speech, or of the press; or the right of the people peaceably to assemble, and to petition the Government for a redress of grievances. »
** « Change.org est la plus grande plateforme mondiale de pétitions, donnant à toute personne le pouvoir de créer le changement qu’elle souhaite voir. Nous œuvrons pour un monde où le pouvoir est accessible à toutes et tous, où créer le changement fait partie du quotidien. Nous n’en sommes qu’au début et nous espérons que vous allez nous rejoindre dans cette aventure. »
Ca y est ! Adobe redonne de la valeur à son offre digitale !
Putain*15 ans ! 15 ans que moi pauvre idiot je « prône » (ne devrais-je pas dans ce contexte dire « loue l’idée ») pour que l’on mette fin à ce scandale de vendre des licences non cessibles à des entreprises. Boites qui en dépit de cela tentent bien que mal d’amortir cette acquisition. Et d’être obligé d’en contraindre ses utilisateurs à devoir s’en satisfaire !
Mais de quoi parlons-nous ?
D’un logiciel les amis ! Bref de lignes de codes toutes plus imparfaites les unes que les autres au point où les éditeurs, Adobe en tête, viennent tous les ans vanter les mérites de leurs nouvelles versions ! Si je fais mon Derouet sur le sujet, avec de l’excès dans le verbe, c’est que je n’ai jamais compris pourquoi une entreprise accepte ce mauvais deal ! Pourquoi mauvais ? Car tellement loin de la bestialité comptable. Amortir sur plusieurs années un logiciel non cessible c’est quelque part une hérésie. Allez réveillez-moi votre DAF et demandez-lui s’il avait bien compris que les quelques centaines de kilos euros dépensés pour la mise à jour logicielle de postes de travail – et qu’il n’escompte pas devoir réitérer d’ici à quatre / cinq ans, ne pourraient pas être cédés. Et qu’une fois le bien payé, sa valeur vénale serait de zéro ! Pincez-moi mais le « soft » c’est, si l’on considère l’esprit de la loi, fiscalement un bien non amortissable ! Rassurons-nous, la fiscalité c’est comme les bactéries, elle s’accommode de tout !
Ce n’est qu’un droit d’utilisation et non un bien
Car une fois encore, d’un logiciel vous ne détenez pas « la propriété complète », mais « une licence d’utilisation ». Rappel aux textes : c’est pour cette raison que « les logiciels sont classés parmi les immobilisations incorporelles (dans un compte intitulé "Concessions et droits similaires"). Mais moi ce qui me gêne le plus, c’est qu’un logiciel d’une valeur HT supérieure à 500 € et dont la durée d’utilisation prévisible est supérieure à un an devrait être du coup théoriquement immobilisé. Et nos experts comptables de rappeler que « la durée moyenne d’amortissement d’un logiciel informatique est de 1 à 3 ans, car il correspond à la durée théorique prévisible d’utilisation, c’est à dire la date à laquelle le logiciel cessera de répondre aux besoins, compte tenu de l’évolution technologique. » C’est là que vient en moi l’idée de rappeler que ceux qui ont bûché leurs « DECF, DESCF, MSTCF » ont attrapé une maladie transmissible, la connerie !
Et c’est là où il y a une distorsion dans la perception de la réalité
Bonne nouvelle, optionnellement, au titre d’une disposition fiscale spéciale destinée à favoriser l’investissement, certains biens comme les logiciels acquis, ouvrent droit à l’amortissement exceptionnel sur 12 mois. Cet amortissement est effectué au prorata du nombre de mois restant à courir entre le premier jour du mois d’acquisition et la clôture de l’exercice. Le solde est déduit à la clôture de l’exercice suivant. Pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier, les logiciels d’une valeur unitaire hors taxes n’excédant pas 500 € peuvent être déduits dans l’année en "Petit outillage" ou "Fournitures de bureau". C’est donc quelque part reconnaître que le bien n’est pas amortissable… Autant étaler la charge et cesser de se prendre la tête !
Merci pour le rappel, mais il veut en arriver où le Derouet ?
Si l’on oublie cet aspect autant comptable que fiscal, ce logiciel n’est à bien y regarder qu’un « putain » de service. Il aura fallu que le Cloud et que les SaaS s’imposent, autrement dit attendre l’avènement des services locatifs, pour qu’enfin le logiciel soit considéré autant par les entreprises que par les éditeurs de solutions comme étant un service ! Et ma « qualification de scandale », cette vente d’un service devenu amortissable a des conséquences terribles pour les utilisateurs, les travailleurs camarades, ceux qui triment avec un logiciel parfois mal conçu, pas à jour, dépassé… Ça en fait du monde ! Et qui font qu’un utilisateur de logiciels a perdu l’habitude de se remettre en cause ! Et ce n’est pas faute que les développeurs de solutions se décarcassent mois après mois pour corriger et enrichir fonctionnellement leurs logiciels. Bref voilà le scandale, il n’est ni « financier », « ni comptable », il est « sociologique » ! Si nos politiques avaient en tête d’imposer les bonnes pratiques à tenir pour faire évoluer nos entreprises ce serait de faire cesser ce marché de dupes où d’une pratique commerciale et comptable naît une sclérose ! Et cette sclérose s’est installée dans nos entreprises !
Le logiciel, la plus belle des valeurs !
Le logiciel voyez-vous c’est pour moi la plus belle des valeurs. C’est d’abord et avant toute une somme colossale de lignes de codes – imparfaites à l’image de ses auteures et auteurs car humains – qui a pour fonction d’améliorer aussi bien les conditions de travail que les conditions dans lesquelles s’exercent le travail ! Et ces conditions d’exercices sont essentielles pour maintenir notre compétitivité et la performance des salariés. Et permettez-moi d’insister : ce n’est pas avec des versions n-1, n-2, n-3… que nos entreprises peuvent innover et avoir des salariés performants et à jour !
Et Adobe dans toute cette histoire !
Donc nous y voilà ! Après avoir proposé pour une somme plus que raisonnable – à nous autres particuliers – l’ensemble de ses logiciels à la location sous la forme d’une redevance mensuelle, voici qu’Adobe saute le pas avec ses clients entreprises. Enfin ! Faut dire que ces dernières années la course au passage de la CS truc à la CS bidule était pénible ! D’autant que – passage obligé – les vendeurs de logiciels nous attendent au tournant au point de faire criser autant les patrons de presse que les directions informatiques qui doivent s’arracher les cheveux pour migrer l’ensemble des postes de travail et gérer les licences qui vont avec. Et payer des sommes qui ne garantissent rien ! Sans compter qu’avec l’avènement du digital et la nécessité – pour de nombreux métiers aux outils mal définis et aux frontières sinueuses – de devoir utiliser des outils pas prévus au programme font que parfois l’origine des licences de logiciels dans nos entreprises sont douteuses. Pas toujours ? Si Adobe a été chef de file du BSA ce n’était pas pour rien !
Et maintenant une petite page de publicité !
C’est là qu’un journaliste joue du copier/coller ! L’annonce d’Adobe repose sur sa « Creative Cloud abonnement équipe » laquelle « offre la palette d’outils de création idéale adaptée aux besoins de votre équipe. » Et là j’applaudis car je cite « imaginez que votre équipe dispose en permanence des meilleurs outils. Imaginez qu’elle puisse gagner du temps en partageant facilement fichiers et dossiers. Tout cela est possible avec Adobe Creative Cloud abonnement équipe. Accédez à l’ensemble des composants de CS6 et à des mises à niveau exclusives, ainsi qu’à de nombreuses fonctionnalités de collaboration qui simplifient radicalement le travail en équipe et la gestion des licences. Le tout a un tarif mensuel avantageux. »
Louons les services d’Adobe
Pourquoi Adobe a-t ‘il autant attendu pour proposer sa solutions aux entreprises ? C’est qu’entre temps il lui aura fallu inventer le logiciel de gestion de ces fameuses licences. Un outil propose de centraliser l’administration des postes de travail. D’un clic vous pouvez ajouter, attribuer et ré allouer nominativement vos licences et suivre l’utilisation des licences par vos équipes. Tout est pas hyper souple, surtout si une entreprise veut du jour au lendemain supprimer des licences (il lui faudra attendre la date de renouvellement des licences selon des modalités qui nécessitent un cachet d’aspirine). Mais l’idée est là : ce que vous payez à vos salariés c’est le droit « au mois » d’user et d’abuser de tous les logiciels Adobe ! Et c’est une très bonne nouvelle ! Car à l’heure où un maquettiste doit s’intéresser de près à de la création en HTML5, à l’heure où un journaliste a autant besoin de retoucher une photo, de réaliser un petit montage vidéo que d’intervenir au sein de la maquette « fluide » de son magazine papier / numérique…
Reconnaître son niveau d’incompétence
Je n’entrerais pas dans le test des solutions autour de Muse et Edge. Mais quand je vois que depuis une maquette réalisé avec Photoshop un développeur va pourvoir récupérer la définition des CSS, quand je vois qu’Adobe a réinventé la puissance de l’animation Flash en HTML5 avec Edge, quand je vois la puissance des outils et les évolutions de la CS6, quand je vois le force du Cloud d’Adobe et de ses usages… Je ne puis qu’inviter tous ceux qui jusqu’ici s’offraient des licences à passer au tout locatif. Les tarifs sont très raisonnables et surtout vos collaborateurs peuvent – comme pour les particuliers – installer les logiciels sur deux machines (un fixe et un portable ou la machine de votre salarié) et ainsi rendre possible le télétravail. Bref je ne vois dans cette proposition que des bonnes choses. Et là du coup je « loue » Adobe pour cette très belle et bonne idée ! Et surtout le travail réalisé avec tous leurs logiciels est prodigieux ! Mais je laisse à tous nos experts d’en juger maintenant que l’accès aux logiciels leur en est facilité ! Maintenant ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit, j’ai encore des doutes sur leurs solutions numériques en tant que business model proposé à des tiers ! Mais ça c’est un autre sujet !
Vos CSS récupérés dans Photoshop !
* A force d’être "gros" les mots perdent de leur poids !
Le meilleur du Web 2.0, c’est chez l’ami Ruiz que je l’ai trouvé
Qu’il est bon de venir se ressourcer au WebDeux.Connect* de l’ami Jean François Ruiz et de ses collaborateurs télétravailleurs passionnés d’Internet et d’interactions tant sociales qu’humaines. Cette sixième édition traduit trois tendances du web vu de l’intérieur.
La maturité de l’Internet est maintenant une réalité
Je ne vais pas vous embêter avec les chiffres ! Mais c’est la première année que l’on ne cherche plus à mettre en avant le besoin d’avoir un "business model" et de recourir au "lean startup" pour expliquer que tout travail nécessite – issus de feu "la nouvelle économie" – une bonne compréhension de ses clients et de n’avoir en tête que la recherche d’un but comme celui de gagner de l’argent pour soi et pour ses partenaires. Cette maturité ressort également de la pertinence des présentations et des ateliers où désormais on parle de mesures, d’optimisations, de bests practices et de tout un ensemble de réalités comme si du jour au lendemain le "bulchitt" des enchanteurs du Web accompagnés par des incantations en provenance des réseaux sociaux et de concepts fumeux n’avaient plus leur place. Signal et preuve intangible de cette maturité, pas de "buzz word" ! Tout au plus des travers professionnels comme la promesse d’interactions à 360 degrés et de pratiques pour être bien dans sa peau ! Bref l’observateur qui vibre en moi à chaque instant est content de voir qu’Internet c’est enfin la vraie vie ! Y compris pour ceux qui désormais en vivent au quotidien ! Cette maturité c’est aussi lié à la personnalité du camarade Jean-François qui porte une attention toute particulière à ce que son évènement ne dérive pas comme tant d’autres avec des politiques ou des interlocuteurs qui en dehors de se faire les ongles n’ont aucune appétence pour les métiers de l’Internet.
La professionnalisation des métiers de l’Internet
Ce n’est pas toujours ça, mais le bon sens et la nécessité des interlocuteurs d’être compris et de faire de la pédagogie à tous les niveaux est un gage de raison. D’accord c’est encore le fruit de la maturité des acteurs et des pratiques. Mais c’est aussi la traduction que désormais toute action se mesure sur l’Internet et que le retour sur investissement est ROI ! Et si l’on peut faire désormais venir un illusionniste (en réalité un spécialiste du Neuromarketing) sur scène c’est que désormais ils ne sont plus dans la salle à tenter de vous vendre des poudres miracles. Les métiers de l’Internet sont aussi par extension naturelle ouvert à des débats concrets comme le télétravail et la réinvention de l’entreprise, la révolution des modes de consommation grâce au rapprochement des individus et du mode collaboratif, l’auto financement de la création d’entreprise (j’aime bien aussi le terme de boostrapping découvert dans un ouvrage de Guy Kawasaki traduit de l’anglais par une personne tout aussi admirable, Marylène Delbourg Delphis) ainsi que tout un ensemble de techniques à la croisée des chemins entre le marketing, la statistique et le développement web.
La qualité des interlocuteurs
C’est le signe de fabrique de monsieur Ruiz et de PowerOn que de savoir réunir des interlocuteurs venus pour échanger. Par exemple un projet "disruptif" n’est désormais plus proposé que comme un concept en cours de conception et non plus comme la révolution à venir. Nul n’a également plus besoin pour partager une idée de signer un accord de confidentialité et de jurer sur la vie de sa mère que l’on ne piquera pas les idées à autrui ! Bref le port d’un tee-shirt affichant qui on est et ce que nous faisons simplifie la relation humaine ! J’ai d’ailleurs échangé librement avec plusieurs interlocuteurs de leurs erreurs, de leurs échecs et de ce qu’ils en avaient en définitive retenus pour initier de nouveaux projets. La promesse de gagner de l’argent facilement et rapidement n’est plus un objectif ultime mais une possibilité comme celle de porter son projet au fil d’une carrière humainement équilibrée ! Voilà donc ce qu’apporte le WebDeux.Connect, de la relation humaine de qualité ! Vivement donc la prochaine édition !
————————————
Pour sa sixième édition le WebDeux.Connect 2012 a réuni plus de 600 personnes de l’Internet français à l’Usine, proposé 15 conférences plénières, fait venir 30 intervenants, proposé 6 ateliers et initié d’innombrables rencontres.
Les patrons de presse sont-ils tous si nuls que cela ?
Les journalistes n’ont pas d’idées, c’est bien connu ! La preuve c’est que ce matin je me permettrais de rebondir sur un papier de Libération lu l’autre jour qui lui-même s’inspire d’un livre, mais comme c’est celui de Jean Stern, lui-même ancien journaliste à Libération puis à la Tribune… Plus sérieusement voici un très bon sujet pour « blogger » un bon coup ! Dans son ouvrage « les Patrons de la presse nationale, tous mauvais (éditions La Fabrique, 210 pp., 13 €) » que je vais m’empresser de lire dans les jours à venir, il raconte très certainement ce que nous vivons ou avons vécu de l’intérieur. La presse comme l’ont dit aujourd’hui souffre sous toutes ses formes d’un manque de lecteurs payants. Mais paradoxalement pas de lecteurs !
Google ne fait rien d’autre que du Google
On ne va ici couper court à toutes formes d’accusations puériles contre Google qui serait – selon les propres propos de nos politiques – le seul fautif à appeler à la barre des accusés (sauf s’ils fraudent le fisc). Pensez-vous Google aurait forcé par je ne sais quelle magie les patrons (français monsieur) de presse à mettre gratuitement à disposition de ses propres lecteurs payants ses propres contenus. Pour avoir été comme l’ont dit un tout petit patron de presse, j’aurais à cœur de rappeler comme mon confrère que l’état de la distribution de la presse n’est pas le fait de Google mais de cette incapacité à rénover cette cogestion d’un autre temps. Du coup, face à l’érosion des ventes, vous êtes comme un con à la tête d’un navire qui sombre mécaniquement ! Car la distribution des contenus payants, cette perte de valeur, n’est pas le fait d’un seul, mais de la responsabilité de tous !
Tous fautifs, patrons de presse comme journalistes
Et les fautifs ce ne sont pas que les seuls patrons de presse, ce sont aussi les journalistes qui comme tout bon français râle et défend des avantages acquis par ses grands parents ! Pendant dix ans j’ai assisté à cette petit guéguerre entre les grands et les petits scribouillards… Pensez donc, les titulaires de la carte de presse n’avaient pas à se salir les mains. Pas question pour eux d’aller sur le « net », pas question pour eux de mettre la main dans le cambouis d’un « back office ». Pas question pour eux d’animer une communauté de lecteurs. Pas question pour eux d’imaginer qu’un papier puisse être rédigé en plusieurs temps, lui LE journaliste qui à force d’être réécrit par d’autres titulaires d’une carte de presse – secrétaire de rédaction et encadrement – a oublié que la presse c’était aussi ça coco, une écriture souvent collective…
Du corporatisme aveugle
Et au lieu de défendre sa profession, le journaliste a défendu sa corporation ! C’est ce corporatisme aveugle qui est aussi la cause de la perte de la valeur des contenus de presse. Non pas que ce que vous faites, ce que nous faisons amis journalistes – soit sans valeur ! Mais avouez qu’à force de jouer avec le feu, nous nous sommes cramés… Car c’est quoi au fond la valeur ajoutée d’un journaliste pour bon nombre de nos lecteurs ? C’est l’information essentielle souvent réduite à un titre et un chapeau. Et à force de « jouer du chapeau » gratuitement, nos lecteurs ont appris à ne plus nous lire pour se concentrer sur l’essentiel ! Ce qui a tué la valeur d’une information c’est juste cette mise à disposition gratuite de l’information. Mais comment faire autrement pour exister sur Internet ?
Le digital n’est plus une option !
Maintenant que tous ont compris que le « digital » n’était plus une option, ils s’y sont mis ! Et nombreux sont les sites d’informations qui arrivent à sortir du lot ! Mais attention à ne pas brûler trop vite les bloggeurs – ces sans carte de presse – qui pour quelques-uns d’entre vous viennent manger le pain des journalistes. Pensez donc, au mépris des règles élémentaires des corrections infligés par votre circuit de la copie, ils publient à la chaîne des informations que vous estimiez sans valeur mais qui ont toutes pour mérite d’être essentielles aux yeux des quelques millions d’internautes !
Le journalisme est-il donc condamné à se la « fermer »
La ferme de contenus, voici le rêve de nos nouveaux patrons de presse et prétendus tels ! Bah si c’est pour paraphraser un communiqué de presse ou jouer les répéteurs via tweeter, oui les fermes de contenus sont une solution. Car là où autrefois seul un entrefilet pouvait justifier la lecture d’un canard payé, une brève cliquée par un « hôte » derrière l’écran de son PC, de sa tablette ou de son smartphone ne vaut pas tripette ! La faute à Google ? Bah oui et non ! Oui si l’on considère qu’un Google peut à tous les instants jouer de ses algorithmes pour faire trébucher l’audience d’un site profitant d’un SEO par trop audacieux. Non si l’on rappelle qu’aucun patron de presse n’a été violenté pour se faire « numériser ». Nous pourrions tout aussi bien accuser le Fonds d’aide au développement des services de presse en ligne mis en place en 2009 d’avoir poussé au crime les grands groupes de presse qui ont trouvé ici plus une manne financière qu’une réelle aide pour moderniser ses mentalités !
Créer de la valeur, de la valeur et de la valeur… Oui mais comment ?
Une fois que l’on a hurlé à « la perte de valeur », accusé patrons et journalistes, renvoyés dos-à-dos Google et nos petites pratiques politiques, nous n’avons pas trouvé la solution ! A titre personnel, durant ces dernières années des conneries j’en ai fait aussi ! Mais mes conneries ont été conscientes ! Je ne crois pas que la presse « de papier » puisse avoir un réel avenir ! Pourtant c’est ce « papier » qui fait autant couler par le fond les groupes de presse que les maintenir à flot ! Pour gagner de l’argent, on n’a pas trouvé d’alternatives viables au papier ! Quand l’iPad est apparu certains visionnaires ont cru – aidés en cela par des Adobe et autres fournisseurs technologiques - qu’ils leur suffiraient de vendre leurs contenus en « numérique ». Le « ique » c’est qu’une tablette (outre le piratage massif des contenus papiers facilité) c’est d’abord et avant tout un moyen d’accès à Internet. Tout comme un Smartphone. Donc non le problème n’est pas que technologique ! Inutile de rappeler les allers et retours des grands groupes internationaux passé du « tout gratuit » au « tout payant »… Pour revenir in fine au « tout gratuit » ! La démonstration a été faite que la perte de valeurs est avérée ! C’est donc le modèle économique de la presse qui ne va plus ! Et là inutile d’accuser ces nouveaux patrons de presse qui s’offrent nos quotidiens nationaux pour tenter d’en faire un outil de pouvoir ! Car grand mal leur en fait de se muer bien involontairement d’industriel en artisan de la presse. Car personne n’échappe à son destin. C’est la presse dans son ensemble qui est condamné à se réinventer. Quand l’on pense que les plus grosses aides de l’état sont encore allouées dans notre pays à l’acheminement de la presse par la Poste de nos grands quotidiens nationaux, ça en dit long sur le chemin qu’il reste encore à parcourir avant de nous moderniser.
Vous savez ce qui ne vas pas ? Ce que l’on ne réforme pas en profondeur nos aides pour revenir sur des bases saines. Renversons la table une fois pour toutes ! Mais comme personne n’aura la courage politique pour le faire. Mais c’est juste mon avis. J’attends le votre maintenant…
——————————————-
- 217 millions pour l’aide au transport postal de la presse, somme à laquelle il faut ajouter 32,4 millions destinés à compenser le manque à gagner, pour la Poste, du report d’un an de la mise en œuvre du contrat Etat-presse-Poste du 23 juillet 2008.
Ce que Microsoft ne doit pas oublier de faire pour vendre sa tablette Surface
En s’alignant, pour commercialiser sa tablette Surface, sur les tarifs d’Apple, Microsoft n’est-il pas en train de faire une énorme boulette ? A titre personnel, les tarifs me dérangent car je trouve audacieux de se positionner ainsi en face d’Apple. Car l’ennemi actuel de Microsoft, ne nous y trompons pas, ce n’est pas Apple, c’est Google !
Le marketing Microsoft manque singulièrement d’imagination
Trop chères leurs tablettes ? S’ils veulent en vendre massivement, oui ! S’ils veulent ne pas se fâcher avec une partie de leur écho système, non ! Pour m’être offert deux des plus récents périphériques Microsoft, les Wedge Mobile Keyboard et Wedge Touch Mouse j’ai pu apprécier l’effort considérable effectué par les équipes de Microsoft pour proposer des "devices" de grande qualité. Le packaging fait penser à des produits de luxe. Je ne doute pas le moindre instant que leur "Surface" sera également de grande tenue ! Toutefois, le marketing de Microsoft manquerait-il à ce point d’inspiration pour marquer à la culotte de celui d’Apple ? Packaging, politique tarifaire et même éclosion massive (même si elles sont qu’éphémère) de boutiques sur le territoire nord-américain… Du déjà-vu ! Si c’était le seul secret de la réussite pour lancer la tablette Surface…
Windows 8 n’est pas Windows 95
Pourtant pour réussir, Microsoft oublie vite que ce qui pose soucis ce n’est ni la tablette, ni son prix, mais ce qu’il n’y a pas dedans. Le "grand public" va-t-il comprendre la différence entre une tablette Windows 8 et une tablette Windows RT ? Assurément non ! L’absence de compatibilité avec l’existant logiciel n’avait -jusqu’à ce jour- jamais été osé à Redmond. Certains esprits chagrins chez Microsoft tenteront peut être de m’expliquer par l’absurde que c’est comme le passage de Windows 3.1 à Windows 95 avec l’abandon du DOS et de son interface minimaliste ? Justement non ! Car quand Microsoft a abandonné son MS-DOS, les applications Windows étaient développées ! Pour justement être au rendez-vous du grand public, il fallait couper les ponts avec MS-DOS même si le DOS n’avait pas quitté les lieux !
Le Windows Store un joyeux bordel
Là nous sommes dans une toute autre situation. Microsoft a beau nous rassurer avec ses 10000 applications à venir pour son Windows de nouvelle génération. Mais moi ce que je vois dans le "store" c’est un joyeux bordel avec des apps (près de 3500 à ce jour) de qualité assez inégale qui ne sauront pas pour l’heure rivaliser avec les applications que nous utilisons tous au quotidien sur PC. Et je sais que c’est normal ! Même Outlook n’est pas au rendez-vous… Mais je ne parle pas pour moi. Je parle pour ceux qui vont essayer de comprendre… Et les apps Office (pour Windows RT) sont pour l’heure de belles applications mais limitées à une édition qui suggère que seuls les étudiants y trouveront grâce en trouvant dans la tablette -sans avoir à débourser le moindre euro- Word, Excel, PowerPoint et OneNote… Et comme l’un de mes amis me le rappelait l’autre jour le tout sans la compatibilité des macros commandes et des extensions Office. Faire passer le message que Windows 8 n’est pas Windows RT… C’est pas gagné ! Et c’est malheureusement l’économie que Microsoft fait en créant cette énorme confusion entre la tablette Surface et Windows 8. Comment faire autrement ?
Et cette bascule vers l’interface que l’on a plus le droit d’appeler Metro ?
Bref, oui les applications Windows RT vont arriver à l’image de ce que sont les apps d’un iPad. Mais cette bascule du monde x86 vers le monde ARM va générer de la confusion et de la frustration. Oui Surface est une tablette à l’instar de l’iPad. Oui Surface va très vite proposer des contenus à consommer de nature à séduire à l’image du Xbox Musique ! Mais Surface ne doit pas se contenter de n’être qu’un nouvel iPad. Microsoft a aujourd’hui un énorme souci : continuer à maintenir son activité fortement génératrice de profits et raccrocher les wagons avec un marché où il n’y a plus de place pour un écho système. C’est le pari fou réalisé avec l’iPhone et maintenant avec l’iPad chez Apple. C’est le pari que ne peut pas faire tout de suite Microsoft.
Et Google dans toute cette histoire ?
L’ennemi -je le rappelais en préambule- c’est Google. Pourquoi ? Bah Google en donnant pour zéro sa licence a plombé l’activité mobile de Microsoft. Mais Google a oublié que personne n’arrive aujourd’hui – ou très difficilement – à vivre en donnant des apps pour "zéro". La valeur -on l’a oublié- ce sont les services, nos données et les applications qui nous sont proposées. Le périphérique n’a pas plus de valeur que celle que l’on additionne avec le prix des composants. Valeur à laquelle on doit ajouter la richesse applicative proposée par tout l’éco-système. Et pour moi la valeur applicative de l’éco-système Google c’est "zéro". Aujourd’hui, Google n’a pas l’intention de gagner ou de faire gagner de l’argent à son éco-système en leur permettant de vendre des périphériques à tarif compétitif. Certains comme Samsung (même si Samsung est agnostique) tirent aujourd’hui leurs marrons de chez Google. D’autres comme Sony font l’erreur de le faire. Mais pour combien de temps encore ? Google trompe son écho système car son modèle économique est unique. Son modèle c’est le contrôle absolu de toute la chaîne de création de valeurs. A tuer la valeur, on joue avec le feu ! Et Microsoft est aujourd’hui rappelé à l’ordre par ses propres valeurs qui sont autant de contradictions. Oui chez Microsoft on sait créer de la valeur. Seulement voilà, les règles du jeu ont changé avec l’arrivée d’un Google qui peine à continuer à générer une croissance insolente. Apple l’a compris quitte à supprimer les ponts avec les rares applications Google qui ont une énorme et unique valeur d’usage mais qui n’ont pas de prix tellement ils sont hors de prix.
Mon avis dans toute cette histoire ?
Microsoft doit évoluer sans oublier d’où il vient. Comment passer d’un modèle économique à l’autre sans perdre son identité ? Comme rattraper le temps en ne pas aller trop vite ? La réponse tient en un mot : pédagogie ! Expliquez messieurs de chez Microsoft ce que vous faites ! Windows 8 n’est pas une erreur industrielle comme Vista. Windows 8 est une nouvelle orientation où très vite nous allons devoir profiter en continu de mises-à-jour puis d’autres mises-à-jour, le tout sans bourse délié. Bref cessez de créer la rupture pour de nouveau rassurer un marché qui jusqu’ici n’a pas oublié qu’un Windows XP a été une fantastique évolution dans la durée. Pédagogie ! Y’a peut être un mot à ajouter : humilité aussi !
Et si votre prochain iPhone 5 était un BlackBerry 10 ?
Moi je ne sais pas vous, mais mon iPhone 4 me gave grave ! J’en connais qui disent que c’est juste parce que je ne suis pas passé au 5 ! Donc forcément le geek qui sommeille en moi (mais seulement à l’heure de la sieste) est orgueilleux ! Et qu’il jalouse ses potes geeks. Bah non d’abord je ne suis pas geek, je suis déguisé en geek ! Car le journaliste blogueur (blagueur aussi) qui est en moi se revendique comme monsieur Michu (ici vous retrouverez un vieux papier à moi sur la femme de ce monsieur) : un blaireau à ses heures perdues… Les blaireaux (étant les amis des geeks car il faut les aimer aussi *) ils ont cependant la particularité d’avoir le poil dur et le tempérament d’un pitbull. D’abord l’iPhone ne tient pas la journée d’un geek comme d’un blaireau en balade. Je ne parle plus d’iOS 6 et de ses imperfections ni même de l’absence de nouveaux usages procurés par un iPhone cinquième du nom. Promis je ne vous parlerais pas des rayures normales ni même de mon chansonnier geek ** qui l’autre jour me montrait qu’il avait juste failli plier d’un postérieur distrait son modèle 64 Go… Les geeks sont mes amis, alors je les aime aussi
***
Les blaireaux sont vos amis mais pas que…
Car dans la vie il y a avant l’iPhone 5 et dans la vie il y a l’après iPhone 5 ! Et cet après pour moi peut passer par un BlackBerry dixième du nom ! J’en entends qui disent que chez RIM, ils ont du faire grave picoler le Derouet pour qu’il affirme des trucs pareils… Et que maintenant qu’il joue au blaireau, qu’il se fait mousser, qu’il est sur le fil du rasoir…
Ça rime à quoi de dire du bien de BlackBerry ?
Et bien moi j’ose expliquer pourquoi RIM et son BlackBerry sont de nouveau dans la course. D’accord j’ai eu le droit à la sainte piqûre de rappel, que les fans de BlackBerry sont 80 millions dans le monde, que la communauté des 10 000 développeurs affiliés avouent gagner plus d’argent sur BlackBerry que sur tout autre plateforme ! Idem pour les deux ans de travail, idem pour la transpiration des développeurs, idem pour me dire que ça ne sortira pas comme Windows 8 en version pas finie (c’est de moi) !
Une ergonomie étonnante et réussie
Sans avoir une idée précise de leur nouveaux terminaux BB10 prévu pour avant le 31 mars 2012, je dois dire que côté OS chez RIM ils ont bossés. Sérieux ! J’étais pas venu pour l’ergonomie de leur téléphone malin, mais quand même chapeau bas. De l’innovation y’en a dedans ! Les applications quand elles sont ouvertes, elles sont réduites sur le bureau et tournent ! Ce que je croyais être des widgets, ce sont les apps en version réduite que l’on a devant ses yeux ! Six d’entre elles peuvent s’afficher simultanément sur les "pages" du bureau. Mais ça c’est rien ! Je passerais l’effet "waow" de l’allumage du terminal qui affiche quand il est verrouillé différentes alertes sans pour autant afficher que vous avez un "5 à 7" avec Mauricette ! Je ne m’appesantirais pas sur la découverte progressive du bureau lequel se dévoile à mesure que d’un doigt vous débloquez votre terminal. Là c’est chouette mais c’est rien ! On n’est pas chez Apple…
Vos communications réunies
Là où les deux années de travail des équipes de RIM font sens c’est quand vous découvrez l’aspect communication unifiée du terminal. Derrière ce poncif journalistique, je découvre un système ingénieux pour avoir accès à toutes les applications communicantes où d’un coup d’œil je sais si j’ai un message. Et quand je dis coup d’œil, je devrais dire d’un coup de doigt ! Vos communications – sans être comme sous Windows 8 associées directement à vos contacts – sont clairement regroupés via leurs applications d’origine comme vos emails, les messages Facebook, ceux de LinkedIn, vos SMS… Et d’un message, vous accédez à vos contacts et depuis un contact vous pouvez retrouver la trace de vos derniers échanges avec celui-ci comme des dernières news de l’entreprise dans laquelle travaille ce fameux contact. C’est autre chose que les alertes mélangées d’iOS. Difficile donc de passer à côté d’une sollicitation. Chez RIM, visiblement ils n’ont pas oublié qu’un BlackBerry c’est d’abord et avant tout un terminal de communications. Des alertes dans BB10 il y en a, mais elles sont moins intrusives. Vous arrivez à savoir qu’un SMS vous est parvenue sans pour autant être obligé de quitter l’application en cours d’utilisation. L’application se réduit à l’écran pour dévoiler qui a osé interrompre un "lancer de cochons"… Là je demande quand même à essayer (pas le lancer de cochons). Autre point clé de BB10, la gestion multilingue des claviers… D’un doigt, vous saisissez à la vitesse de la lumière grâce à une analyse prédictive qui apprend de vos expressions. Bluffant mais pareil, va falloir l’essayer soi-même avant de crier à la révolution. Mais là quand je mélange de l’anglais et du français le système de correction ne s’embrouille pas les pinceaux… Oui comme sous iOS !
Et si on parlait du truc essentiel ?
Pour moi l’innovation dans BB10, c’est la prise en compte de la vraie vie composée d’actions et d’applications privées qui ne peuvent pas se mélanger aux actions et applications professionnelles. Ce non mélange des genres où vous ne confondez pas les culottes avec les chaussettes, c’est la grande idée de RIM. Quand je dis "pas de mélange des genres", je parle bien ne pas oublier que les données de l’entreprise doivent être sécurisées, gérées par l’entreprise, pas accessibles à tous donc et surtout associées à un outil de gestion à distance, ce qui chez BlackBerry existe depuis une petite année sous la chapitre "BlackBerry mobile fusion". Cela signifie également que l’utilisateur est libre – sans risquer de compromettre les données de l’entreprise – d’installer son "lancer de cochonneries" préféré… A l’heure où les entreprises redécouvrent que l’ère du BYOD (ramène ton téléphone au bureau) ne doit pas être l’ère du grand n’importe quoi, voilà le truc qui me parait essentiel.
Et les critiques anciennes ?
Reste que RIM n’a pas pour autant oublié qu’il lui fallait également corriger trois défauts : offrir un grand espace d’affichage à ses nouveaux terminaux, en finir avec la médiocrité du navigateur Internet en proposant le champion incontesté de la compatibilité de tous les standards en passant du Flash au HTML 5 et enfin offrir un magasin applicatif accessible facilement qui ne doit plus être proposé en option (via l’option messagerie de RIM) et qui doit contenir les applications phares du moment.
Et votre avis à vous c’est quoi ?
Bref mon avis ici est très positif sur une entreprise canadienne que l’on croyait à la dérive. Reste à confirmer tout ce que je viens de voir ce matin par un bon "parle pas sans essayer". Mais les fans de BlackBerry et les autres qui comme moi vont – avec la démultiplication des tablettes – recentrer l’usage de son terminal sur de la communication et de l’accès à de la data partageable sans mélanger vie pro et vie perso vont être content. La vie c’est comme les technos ça va, ça vient. Et avec BB10 j’ose imaginer qu’en plus on aura des surprises comme du NFC sécurisé. Mais là c’est une autre histoire.
* Chanson bien connue d’un certain NC
** Chanson composée par un certain NC
*** Je sais NC c’est du plagiat !
