Les patrons de presse sont-ils tous si nuls que cela ?

remington

Les journalistes n’ont pas d’idées, c’est bien connu ! La preuve c’est que ce matin je me permettrais de rebondir sur un papier de Libération lu l’autre jour qui lui-même s’inspire d’un livre, mais comme c’est celui de Jean Stern, lui-même ancien journaliste à Libération puis à la Tribune… Plus sérieusement voici un très bon sujet pour « blogger » un bon coup ! Dans son ouvrage « les Patrons de la presse nationale, tous mauvais (éditions La Fabrique, 210 pp., 13 €) » que je vais m’empresser de lire dans les jours à venir, il raconte très certainement ce que nous vivons ou avons vécu de l’intérieur. La presse comme l’ont dit aujourd’hui souffre sous toutes ses formes d’un manque de lecteurs payants. Mais paradoxalement pas de lecteurs !

Google ne fait rien d’autre que du Google
On ne va ici couper court à toutes formes d’accusations puériles contre Google qui serait – selon les propres propos de nos politiques – le seul fautif à appeler à la barre des accusés (sauf s’ils fraudent le fisc). Pensez-vous Google aurait forcé par je ne sais quelle magie les patrons (français monsieur) de presse à mettre gratuitement à disposition de ses propres lecteurs payants ses propres contenus. Pour avoir été comme l’ont dit un tout petit patron de presse, j’aurais à cœur de rappeler comme mon confrère que l’état de la distribution de la presse n’est pas le fait de Google mais de cette incapacité à rénover cette cogestion d’un autre temps. Du coup, face à l’érosion des ventes, vous êtes comme un con à la tête d’un navire qui sombre mécaniquement ! Car la distribution des contenus payants, cette perte de valeur, n’est pas le fait d’un seul, mais de la responsabilité de tous !

Tous fautifs, patrons de presse comme journalistes
Et les fautifs ce ne sont pas que les seuls patrons de presse, ce sont aussi les journalistes qui comme tout bon français râle et défend des avantages acquis par ses grands parents ! Pendant dix ans j’ai assisté à cette petit guéguerre entre les grands et les petits scribouillards… Pensez donc, les titulaires de la carte de presse n’avaient pas à se salir les mains. Pas question pour eux d’aller sur le « net », pas question pour eux de mettre la main dans le cambouis d’un « back office ». Pas question pour eux d’animer une communauté de lecteurs. Pas question pour eux d’imaginer qu’un papier puisse être rédigé en plusieurs temps, lui LE journaliste qui à force d’être réécrit par d’autres titulaires d’une carte de presse – secrétaire de rédaction et encadrement – a oublié que la presse c’était aussi ça coco, une écriture souvent collective…

Du corporatisme aveugle
Et au lieu de défendre sa profession, le journaliste a défendu sa corporation ! C’est ce corporatisme aveugle qui est aussi la cause de la perte de la valeur des contenus de presse. Non pas que ce que vous faites, ce que nous faisons amis journalistes – soit sans valeur ! Mais avouez qu’à force de jouer avec le feu, nous nous sommes cramés… Car c’est quoi au fond la valeur ajoutée d’un journaliste pour bon nombre de nos lecteurs ? C’est l’information essentielle souvent réduite à un titre et un chapeau. Et à force de « jouer du chapeau » gratuitement, nos lecteurs ont appris à ne plus nous lire pour se concentrer sur l’essentiel ! Ce qui a tué la valeur d’une information c’est juste cette mise à disposition gratuite de l’information. Mais comment faire autrement pour exister sur Internet ?

Le digital n’est plus une option !
Maintenant que tous ont compris que le « digital » n’était plus une option, ils s’y sont mis ! Et nombreux sont les sites d’informations qui arrivent à sortir du lot ! Mais attention à ne pas brûler trop vite les bloggeurs – ces sans carte de presse – qui pour quelques-uns d’entre vous viennent manger le pain des journalistes. Pensez donc, au mépris des règles élémentaires des corrections infligés par votre circuit de la copie, ils publient à la chaîne des informations que vous estimiez sans valeur mais qui ont toutes pour mérite d’être essentielles aux yeux des quelques millions d’internautes !

Le journalisme est-il donc condamné à se la « fermer »
La ferme de contenus, voici le rêve de nos nouveaux patrons de presse et prétendus tels ! Bah si c’est pour paraphraser un communiqué de presse ou jouer les répéteurs via tweeter, oui les fermes de contenus sont une solution. Car là où autrefois seul un entrefilet pouvait justifier la lecture d’un canard payé, une brève cliquée par un « hôte » derrière l’écran de son PC, de sa tablette ou de son smartphone ne vaut pas tripette ! La faute à Google ? Bah oui et non ! Oui si l’on considère qu’un Google peut à tous les instants jouer de ses algorithmes pour faire trébucher l’audience d’un site profitant d’un SEO par trop audacieux. Non si l’on rappelle qu’aucun patron de presse n’a été violenté pour se faire « numériser ». Nous pourrions tout aussi bien accuser le Fonds d’aide au développement des services de presse en ligne mis en place en 2009 d’avoir poussé au crime les grands groupes de presse qui ont trouvé ici plus une manne financière qu’une réelle aide pour moderniser ses mentalités !

Créer de la valeur, de la valeur et de la valeur… Oui mais comment ?
Une fois que l’on a hurlé à « la perte de valeur », accusé patrons et journalistes, renvoyés dos-à-dos Google et nos petites pratiques politiques, nous n’avons pas trouvé la solution ! A titre personnel, durant ces dernières années des conneries j’en ai fait aussi ! Mais mes conneries ont été conscientes ! Je ne crois pas que la presse « de papier » puisse avoir un réel avenir ! Pourtant c’est ce « papier » qui fait autant couler par le fond les groupes de presse que les maintenir à flot ! Pour gagner de l’argent, on n’a pas trouvé d’alternatives viables au papier ! Quand l’iPad est apparu certains visionnaires ont cru – aidés en cela par des Adobe et autres fournisseurs technologiques -  qu’ils leur suffiraient de vendre leurs contenus en « numérique ». Le « ique » c’est qu’une tablette (outre le piratage massif des contenus papiers facilité) c’est d’abord et avant tout un moyen d’accès à Internet. Tout comme un Smartphone. Donc non le problème n’est pas que technologique ! Inutile de rappeler les allers et retours des grands groupes internationaux passé du « tout gratuit » au « tout payant »… Pour revenir in fine au « tout gratuit » ! La démonstration a été faite que la perte de valeurs est avérée ! C’est donc le modèle économique de la presse qui ne va plus ! Et là inutile d’accuser ces nouveaux patrons de presse qui s’offrent nos quotidiens nationaux pour tenter d’en faire un outil de pouvoir ! Car grand mal leur en fait de se muer bien involontairement d’industriel en artisan de la presse. Car personne n’échappe à son destin. C’est la presse dans son ensemble qui est condamné à se réinventer. Quand l’on pense que les plus grosses aides de l’état sont encore allouées dans notre pays à l’acheminement de la presse par la Poste de nos grands quotidiens nationaux, ça en dit long sur le chemin qu’il reste encore à parcourir avant de nous moderniser.

Vous savez ce qui ne vas pas ? Ce que l’on ne réforme pas en profondeur nos aides pour revenir sur des bases saines. Renversons la table une fois pour toutes ! Mais comme personne n’aura la courage politique pour le faire. Mais c’est juste mon avis. J’attends le votre maintenant…

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La répartition des aides à la presse 2013 poste par poste (Source : http://www.lesclesdelapresse.fr/a-la-une,129.html)
Les 516 millions d’euros d’aides directes versées en 2013 sont réparties de la façon suivante :

- 217 millions
 pour l’aide au transport postal de la presse, somme à laquelle il faut ajouter 32,4 millions destinés à compenser le manque à gagner, pour la Poste, du report d’un an de la mise en œuvre du contrat Etat-presse-Poste du 23 juillet 2008.
119,6 millions de dotations à l’AFP (en hausse de 2 millions par rapport à 2012).
37,6 millions pour le plan d’aide au développement du portage. En complément, l’Etat va débloquer une enveloppe de 16,9 millions d’euros pour l’exonération des charges patronales pour les vendeurs colporteurs et porteurs de presse.
33,5 millions pour le Fonds stratégique pour le développement de la presse (FSDP). Il est consacré aux opérations de mutation et de modernisation industrielle de la presse imprimée quotidienne et assimilée d’IPG ; aux innovations technologiques, notamment numériques de la presse d’IPG, mais aussi, dans la limite de 20% des crédits alloués, aux investissements d’une partie de la presse dite « spécialisée » ; et à la conquête de nouveaux lectorats.
19,7 millions seront mobilisés pour continuer d’accompagner la modernisation sociale de la fabrication de la presse quotidienne, qu’elle soit nationale, régionale ou départementale.
18,9 millions seront consacrés en 2013 à l’aide à la distribution de la presse, afin d’accompagner l’effort de restructuration engagé par Presstalis. Cette aide compte depuis 2012 une deuxième section destinée à soutenir les actions de distribution de la presse française à l’étranger menées par Presstalis.
12 millions seront affectés à l’aide aux quotidiens nationaux d’information politique et générale à faibles ressources publicitaires, l’aide aux quotidiens régionaux départementaux et locaux d’information politique et générale à faibles ressources de petites annonces, et l’aide à la presse hebdomadaire régionale.
4,5 millions seront réservés à l’aide à la SNCF pour le transport des quotidiens. Si le fonds d’aide à la distribution et à la promotion de la presse française à l’étranger est abrogé en 2012, les crédits favorisant la diffusion de la presse française à l’international sont intégralement maintenus, via le fonds stratégique pour le développement de la presse et l’aide à la distribution de la presse.
- Enfin 4 millions d’euros iront à l’aide à la modernisation des diffuseurs.

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C'est juste mon avis et rien d'autre.

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